La Caisse Marocaine des Retraites (CMR) : Réformes et innovations pour plus de productivité et de proximité

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INTERVIEW

Mohamed El Alaoui El Abdallaoui, Directeur de la Caisse Marocaine des Retraites.

Un nouveau siège regroupant tous les services, une consolidation des délégations régionales, un centre d’appels, un portail e-services et un contrat de programme témoignent que la Caisse Marocaine des Retraites (CMR) a beaucoup évolué au fil des années.

Magazine INNOVANT : Que vous pouvez-vous nous dire à propos de la Caisse Marocaine des Retraites (CMR) de 2013 ?

Mohamed El Alaoui El Abdellaoui : Tout d’abord, il faut rappeler que la Caisse Marocaine des Retraites (CMR) est un établissement public doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière. Elle est placée sous la double tutelle administrative et technique du Ministère de l’Economie et des Finances. Elle gère le régime des pensions civiles, le régime des pensions militaires, le régime de retraite complémentaire et facultatif «  ATTAKMILI » et les régimes dits non cotisants. En plus, la CMR assure des prestations pour le compte de tiers à travers la gestion des précomptes conventionnels au profit des sociétés de financement, des sociétés d’assurances et d’associations d’œuvres Sociales ( AOS), des précomptes sur les pensions au titre de l’Assurance Maladie Obligatoire ( AMO) reversés à la CNOPS, des prestations pour le compte des Fondations et des prestations pour le compte du Ministère de l’Economie et des finances.

Donc, le travail de la CMR ne se limite pas à un service donné ou à une organisation, mais il consiste à réaliser des prestations selon trois régimes de pensions qui sont réglementés par des textes de lois au point qu’aucun de ces régimes ne déborde sur l’autre. Sur le plan comptable et des flux financiers, ils sont gérés distinctement.

Parmi les régimes que nous gérons, on parle souvent du régime des pensions civiles qui connait aujourd’hui des difficultés dans le sens où nous avons amorcé le premier déficit financier et nous allons commencer à puiser dans des produits financiers tirés des réserves de ce régime. Ces produits vont nous permettre en fin de compte de combler les déficits entre cotisations et prestations.

Et si on ne fait rien, ces réserves-là vont être épuisées d’ici 2021. C’est pour cela qu’on appelle vivement à ce qu’il ait une réforme paramétrique pour consolider l’équilibre du régime civil. Vous me diriez que l’Etat a un regard plus global. En effet, la réunion du 30 janvier 2013 de la commission nationale présidée par M. le Chef du Gouvernement a permis de donner les grandes lignes directrices de la réforme systémique des régimes de retraire au Maroc. En fait, cette commission a statué sur plusieurs paramètres où elle a pris deux décisions importantes. La première décision porte sur l’architecture du système qui sera construit  sur deux pôles, l’un public et l’autre privé : le pôle public regroupera les régimes de pensions de base gérés par la CMR avec le Régime collectif d’allocation de retraite (RCAR) et le pôle privé sera géré par la CNSS avec une couverture de base obligatoire et qui va étendre la protection au profit des travailleurs non salariés. La deuxième décision est aussi importante dans la mesure où le changement des paramètres du régime des pensions civil doit désormais passer par le dialogue social et pas uniquement au niveau de la commission nationale.

M.I. : Au-delà du déficit et des réformes qui s’en suivent, la CMR innove malgré tout grâce à ce système d’e-CMR. Quel aperçu pouvez-vous nous en donner ?

M.E.E. : Dans le cadre de sa participation à la stratégie nationale e-Gouvernement, la Caisse Marocaine des Retraites vient de mettre en service son nouveau portail e-CMR. Celui-ci va permettre à la CMR de se rapprocher davantage de ses affiliés, pensionnés et partenaires en offrant un service de proximité disponible 24/24 et 7/7.

Nous essayons en fait depuis plusieurs années d’augmenter notre productivité, puisque comme vous le savez nous enregistrons à la fois beaucoup de départs à la retraite et également des dossiers d’affiliations.

Nos pensionnés et nos affiliés ont besoin parfois d’une simple information qui ne nécessite pas un déplacement vers l’administration centrale ou régionale. D’autant plus que la transmission de l’information est sécurisée, puisqu’il est impossible d’accéder au portail et de demander une information concernant autrui. Il faut que le pensionné lui-même fasse sa demande et que la CMR lui envoie chez lui par courrier son code confidentiel à utiliser pour accéder au portail à titre personnel et recevoir ses propres informations. Pour le cas par exemple d’une demande d’attestation de pension, le pensionné peut recevoir automatiquement ce document. Et s’il a besoin de ce document portant un cachet et signé, il pourra le recevoir par courrier.

Donc tout cela, c’est pour pouvoir faciliter les démarches à travers l’e-CMR. Il est vrai que certains bénéficiaires trouvent du mal à accéder à ce portail, c’est la raison pour laquelle on a diversifié les canaux possibles d’accès à l’information relative aux adhérents à la CMR, notamment le centre d’appels, les délégations régionales dont Rabat, Agadir, Casablanca, Lâayoune, Marrakech, Oujda , Tanger et Tétouan.

Et pour pouvoir accueillir les pensionnés ou les affiliés dans des conditions favorables, on a entamé, selon le contrat-programme, un plan de rénovation et de construction de délégations, notamment celle de Fès qui a été rénové pour offrir un meilleur service et qui va être inauguré le 14 mars, tandis que les autres sont en cours de rénovation. Nous allons ouvrir également une délégation à Errachidia. Ce plan de création de nouvelles délégations se réalise selon la concentration de nos pensionnés à travers le Royaume.

M.I. : Quelle stratégie adoptez-vous justement au fur et à mesure pour répondre aux attentes des pensionnés et des affiliés dont les effectifs sont en recrudescence ?

M.E.E. : Il y a, à la fois, des départs à la retraite massifs et des recrutements  par l’Etat.

Pour vous donner une idée, nous avons traité l’année dernière plus de 40 000 dossiers relatifs aux bénéficiaires sortant à la retraite et les entrants. Et pour mieux satisfaire notre clientèle, il faut respecter les délais pour pouvoir non seulement servir la pension mais également pouvoir répondre par rapport à une réclamation ou un besoin spécifique.

Pour réaliser ces objectifs, il a fallu informatiser nos procédures, dès 2010 avec la signature d’une convention avec la Trésorerie générale du Royaume (TGR), en 2012 avec l’administration de la Défense nationale (ADN) et avec l’e-CMR qui va nous permettre de couvrir toutes les collectivités locales qui ne sont pas adossées à la Trésorerie générale. Donc, on a bien couvert tous nos partenaires en termes de dématérialisation et d’échange de données informatisé.

Il ne faut pas oublier que nous avons des décisions gouvernementales qui nous obligent à traiter énormément de dossiers. Je donne l’exemple du relèvement de la pension minimale de 600 à 1000 dhs   qui a nécessité le traitement de près 70.000 dossiers en un temps record de 5 mois.

M.I. : Quels sont les moyens qui sont mis à la disposition de la direction de la CMR pour mener à terme ses missions ?

M.E.E. : D’un effectif de 450 agents, la CMR est composée d’hommes et de femmes très compétents, très performants et très qualifiés. Cependant, il faut les accompagner par rapport à toutes les démarches que nous réalisons, à la gestion électronique des documents et à toute l’administration. A partir de 2013, j’espère qu’on pourra acquérir un nouveau progiciel de métier qui nous permettra d’offrir non seulement des services supplémentaires à nos pensionnés et à nos affiliés, mais également à optimiser la charge de travail que nous avons à accomplir. Il faut savoir que nous sommes en train non seulement d’augmenter la productivité, mais également de réorienter notre activité vers celle de services de proximité vis-à-vis de notre clientèle.

 

M.I. : Pouvez-vous nous parler du contrat-programme 2011-2013 signé entre l’Etat et la CMR ?

M.E.E. : Nous avons conclu un contrat de programme en 2011 sur une période de 3 ans de 2011 à 2013. Il faut savoir, qu’en général, les contrats de programmes sont d’une durée un peu plus longue. Nous avons choisi d’établir un contrat de programme d’une  courte durée pour pouvoir en relancer un autre en 2013 sur 3 ans également, et ce pour obtenir un contrat global et complet sur une période de 6 ans. La raison qui nous a encouragés (Etat et CMR) à échelonner ce contrat, c’est le manque de visibilité par rapport à la réforme.

Ainsi, le premier contrat-programme 2011-2013 arrive à terme à la fin de cette année. Et on peut dire que globalement c’est un contrat satisfaisant, puisque la majorité des actions ont été réalisées. Il est à souligner que ce contrat-programme repose sur 5 axes : la veille permanente à la pérennité des régimes de retraite gérés par la caisse, le renforcement du système de gouvernance de la caisse, la garantie des meilleures conditions pour l’optimisation des placements des réserves financières des régimes de retraite, la consolidation de l’orientation « clients » de la caisse et l’amélioration des capacités internes et le niveau de la performance de la CMR.

Et il y a lieu de noter également que nous sommes en train de préparer le nouveau contrat-programme 2014-2016.

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